Côte d’Ivoire : femmes battantes et marginalisées ?


Par Ramatoulaye Diallo, collaboratrice en gestion de projet et recherche de financement pour notre partenaire RIDDEF en Côte d’Ivoire

Malgré plusieurs avancées dans la société ivoirienne aux niveaux politique, social et même économique, la femme subit toujours des injustices par le simple fait d’être une femme. Des stéréotypes sont souvent soulevés dans la société, abaissant les femmes au plus bas niveau, oubliant tout ce qu’elles apportent à la société, surtout par leur autonomie féminine qui joue un rôle fondamental dans le tissu économique de la Côte d’Ivoire.  

Les stéréotypes socioculturels, c’est quoi exactement ?

Les stéréotypes socioculturels sont liés aux sociétés patriarcales africaines, où la femme ne devrait pas travailler et l’homme est celui qui ramène l’argent. 

La marginalisation face à l’entrepreneuriat féminin est un frein pour l’autonomisation des femmes en Côte d’Ivoire. L’écart entre les sexes montre que les femmes, malgré le fait qu’elles entreprennent plus que les hommes, gagnent 1/3 de moins que ceux-ci (APA-Abidjan, 2019). 

Quelle est la solution ?

Pensons à des outils d’émancipation, tels que l’entrepreneuriat féminin, où l’État doit mettre en place des structures et des mesures facilitatrices pour encourager les femmes entrepreneures. Cela repose sur la prise en compte par l’homme de l’importance du rôle de la femme. 

L’impact

Dans le monde rural d’aujourd’hui, la femme est souvent reléguée au second plan dans la société. Plusieurs obstacles se présentent à elles soit par le droit à l’héritage, les lois coutumières ou même l’association à un homme pour pouvoir avoir un statut légitime dans la société. Les pratiques culturelles sont souvent celles qui briment le plus l’autonomisation des femmes, car elles sont tellement ancrées dans les esprits que tenter de les changer reviendrait presque à se heurter dans un mur. Les mutilations génitales, le mariage forcé, les violences basées sur le genre représentent des problèmes récurrents dans plusieurs régions de la Côte d’Ivoire. Bien que l’État ivoirien ait ratifié depuis 1995 l’ensemble des dispositions et des conventions internationales concernant les discriminations à l’égard des femmes, les conditions de vie des femmes sont toujours aussi difficiles aujourd’hui, en 2022.

L’autonomisation des femmes, bien qu’elle ait évolué, reste toujours sujette à plusieurs discriminations par la nature précaire et informelle du travail qu’elles font. La division du travail dans un système patriarcal hiérarchisé relègue leurs compétences à la sphère reproductive et ménagère, et leur travail est souvent dénigré par rapport à celui des hommes.

Malheureusement, cette pensée a tendance à s’implanter dans l’éducation des enfants, surtout celle des petites filles, et à perpétrer un cercle vicieux de discrimination. Le décrochage scolaire en est pour beaucoup, surtout qu’aucun mécanisme de rétention assez fort n’est mis de l’avant pour aider les filles à poursuivre leurs études. Une étude proposée par l’UNESCO indique que 71% des analphabètes en Côte d’Ivoire sont des femmes. Le marché du travail formel est donc très peu accessible pour elles; beaucoup se retrouvent alors dans le marché informel. Cependant, certaines traditions ivoiriennes, comme chez les Dan, peuple d’Afrique de l’Ouest vivant principalement dans la région du Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire, ne permettent pas aux femmes d’hériter ni de posséder une propriété foncière.

Plusieurs obstacles se dressent face à la majorité des femmes qui désirent se lancer dans l’entrepreneuriat afin d’avoir un revenu quelconque, notamment en raison de l’accès difficile au financement et au manque de crédibilité qu’elles ont au sein de la société. L’État ivoirien n’est pas complètement à exclure, dans la mesure où, tout comme pour l’éducation, des mécanismes ne sont pas suffisamment mis de l’avant pour permettre l’égalité hommes-femmes. Prenons justement l’exemple de la répartition des femmes et des hommes dans les instances publiques, où les femmes sont souvent sous représentées.  

Bref, l’impact des stéréotypes socioculturels dans la société ivoirienne est encore très présent, malgré certaines avancées au niveau politique. L’éducation et le changement des mentalités devraient être au cœur de toute réforme pour promouvoir l’autonomisation des femmes. 

Il n’y a pas d’outil de développement plus efficace que l’autonomisation des femmes.

Kofi Annan

Sources

https://www.linfodrome.com/education/71108-alphabetisation-en-cote-d-ivoire-47-2pour-les-femmes-contre-63-8-pour-les-hommes

https://www.contrepoints.org/2016/04/06/245720-discrimination-des-femmes-encote-divoire

http://apanews.net/fr/news/la-cote-divoire-veut-combattre-les-stereotypes-lies-a-lentrepreneuriat-feminin 

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