Du mandat terrain au mandat virtuel : une nouvelle opportunité ?

Mais pour que cela se produise, ça prend une volonté de faire un pas vers l’autre et d’accepter que notre rythme typiquement occidental nous impose énormément de...


Un premier mandat sur le terrain

Il y a 4 ans, j’ai eu la chance d’effectuer un stage Québec sans Frontières dans une communauté sénégalaise nommé Darou Rakhmane. Loin de l’électricité et de l’eau courante, j’ai rapidement compris ce que voulait dire le pays de la téranga, « une combinaison typiquement sénégalaise de générosité, d’hospitalité et de partage, qui imprègne la vie quotidienne » (Coleman, 2021). En effet, en moins de 2 heures, j’étais accueillie dans ma nouvelle famille comme un nouveau membre à part entière. Mon nouveau père sénégalais m’avait nommée comme son aînée, Aby Samb. Je mangeais maintenant dans le même bol que ma famille, au sol avec ma main droite. Accompagnés de 8 autres stagiaires, nous avions comme mandat de créer un champ avec les femmes du village afin de les accompagner dans la création d’un champ qui deviendrait une activité génératrice de revenus en plus d’améliorer la santé de la communauté grâce à une diversification des produits dans leur assiette. Il est important de mentionner que selon le Rapport global du Recensement général des entreprises (2017), près du tiers des entrepreneur·e·s sénégalais·e·s sont des femmes tandis qu’à Darou, aucune d’entre elles occupaient un emploi à notre arrivée. Ainsi, en seulement 90 jours, nous avons travaillé avec ces femmes matin et soir afin qu’elles créent un sentiment d’appartenance face au projet. Cette volonté d’y travailler même si elles savaient que de nombreuses tâches les attendaient à la maison m’est restée marquée. Je savais que je retournerais un jour au Sénégal, pour retrouver le pays de la téranga.

Et maintenant, l’expérience en mode virtuel

Quelques années après mon retour et 15 mois depuis le début de la pandémie, je commençais un mandat virtuel chez SUCO comme agente en gestion de projet et entrepreneuriat. Passionnée de l’économie sociale, je pouvais maintenant partager cette passion avec mon homologue chez WiLDAF (Woman in Law and Developpement in Africa) situé à Dakar. Ce qui est spécial dans un mandat comme le mien est, qu’en l’espace de 3 mois, nous devons nous acclimater à une nouvelle notion du temps et à de nouvelles priorités. En effet, je dépends totalement de mon homologue en ce qui concerne la récolte des données préliminaires afin de créer une formation sur mesure. J’avais l’intention de faire plusieurs activités dans lesquelles j’avais beaucoup d’optimisme. Toutefois, j’ai vite été ralentie par nos rythmes qui semblaient incompatibles en début de mandat. En effet, après plus de deux mois passés sans récolter aucune information, je me suis finalement rappelé ce qu’était le pays de la téranga. Le fait d’avoir une homologue sur le terrain nous permet d’effectuer un mandat à deux, de partager nos savoirs et de prendre le temps de discuter de tout et de rien. Mais pour que cela se produise, ça prend une volonté de faire un pas vers l’autre et d’accepter que notre rythme typiquement occidental nous impose énormément de pression de performance. Au bout de la ligne, l’objectif n’est pas la rapidité et l’efficacité, mais plutôt l’espace d’échange et d’apprentissage qui aura été créé entre les deux parties.

Les mandats virtuels et la conciliation travail-famille

Un mandat virtuel n’est peut-être pas gage d’une immersion totale dans une autre culture, mais elle est toutefois bien présente quand on s’implique davantage. Je suis persuadée que les mandats virtuels seront plus fréquents dans les années à venir, car ce type de mandat permet une meilleure conciliation travail-famille, que nous savons tous, est un enjeu primordial en 2021. En effet, la coopération internationale en est un parfait exemple avec les voyages sur de longues périodes qui découragent souvent les femmes de continuer dans ce milieu malgré leur passion. J’espère que d’autres femmes, comme moi, poursuivront ainsi dans le domaine de la coopération internationale.

Références

https://www.bbc.com/afrique/region-57545378

https://www.ansd.sn/ressources/rapports/Rapport%20global-05-07-2017.pdf


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Noémy Leroux

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